plume
Je publie une lettre qui m'a été confiée faisant suite à cet article Bankland, univers impitoyable. Cette fois, Madame X interpelle les présidents des banques par un courrier conjoint que j'ai pu consulter. Je souhaite bon courage à cette dame et lui adresse mes amitiés et mon soutien.
Merci, par ailleurs, d'avoir repris l'idée d'un Ordre Professionnel pour les Banques, j'en suis flattée.
 
 
 
 
 
 
 
"Madame X
X XXX XXXXXXX
XXXXX XXXXXXXX
: 
 
 
Courrier conjoint à l'attention de :
Jean-Marie Sander, Président du Crédit Agricole S.A. 91-93 boulevard Pasteur - 75015 Paris
Michel Lucas, Président du CIC 6, avenue de Provence - 75009 Paris et du Crédit Mutuel 88-90 rue Cardinet - 75017 Paris
Philippe Dupont, Président de la Banque Populaire Rives de Paris 76-78, avenue de France – 75204 Paris
Frédéric Oudéa, Président de la Société Générale 29 boulevard Haussmann 75009 Paris
François Pérol, Président de la Caisse d'Epargne 50, avenue Pierre Mendès France - 75201 Paris Cedex 13
NB : seules les banques auxquelles j'ai été « confrontée » sont citées.
 
 
Je note, dans un premier temps, qu'il n'y a aucune femme à la tête des ces banques prestigieuses, une des raisons probables pour lesquelles le personnel bancaire cible le genre de proie que je suis, femme seule et sans appui qui pourrait m'octroyer des passes-droits comme il est coutume de voir dans ce pays, les notions de conflits d'intérêts et de corruption passées dans les moeurs ne choquent que des personnes intègres comme moi, faisant partie des « salauds de surendettés », et quelques autres s'accrochant à certaines valeurs...
 
Le ton de cette lettre est donc donné...
 
 
                                                                                                XXXXX, le 10 janvier 2012
 
Messieurs les Présidents,
 
 
Peut-être cette lettre ira-t-elle directement à la poubelle, ce qui ne donnerait pas une image très brillante de vos banques alors qu'elles sont déjà en déficit, en terme d'image... mais il est certain que ce courrier aura été lu par plusieurs personnes avant d'arriver dans vos services sans que vous en preniez probablement connaissance, au final.
En revanche, peut-être rappèlera-t- il à certain(es) que derrière les chiffres, les comptes et les bonus, il y a des êtres humains en difficulté dont vous vous êtes arrogés le droit de vie ou de mort, vos conseils d'administration et vous-mêmes.
 
Vous pouvez être fiers de votre personnel qui applique à la lettre vos directives légalisées par l'état, en se comportant comme des policiers mais dépassant aussi leurs fonctions, les humains que vous avez fabriqués ne le sont plus ; ils « fonctionnent » avec cynisme, mépris, voire sadisme.
 
Il faut faire payer ces « salauds de surendendettés » qui ont échappé à votre emprise par un jugement du tribunal effaçant leurs dettes, les baladant pendant plusieurs jours pour une ouverture de compte ou pour une lettre de refus d'ouverture afin que la Banque de France leur en impose une.
Une fois le sésame obtenu, votre personnel s'attribue le droit de bafouer l'article D312-5 du Code monétaire et Financier en haussant les épaules si un critère du droit au compte n'est pas rempli, allant jusqu'à « empêcher » un membre de la famille de jouir pleinement des services de sa banque.
Vous vous acharnez afin de persuader les « récidivistes » de ne plus s'amuser à ne pas respecter VOS règles dont la démonstration a été faite qu'elles n'étaient plus adaptées à la crise dans laquelle le pays est plongé.
Puisque votre secteur est privé, il n'accorde pas le droit à des comportements inquisiteurs et soupçonneux dignes des services des forces de l'ordre s'il ne s'agissait que de cela...
 
Vos sanctions font mouche, elles traumatisent, elles génèrent des incivilités, des accès de colère, voire de la violence qui ne viendraient que du fait des usagers.
A quand un examen de conscience de votre part ? A quand un Ordre Professionnel pour les banques au même tire que les avocats, les architectes, les médecins ou les experts-comptables ?
Faut-il que vous vous entiez supérieurs aux autres, les gueux, pour vous exonérer de cette démarche qui, cependant, redonnerait confiance aux déçus du système bancaire français ?
 
Comment arriverez-vous à tuer ces « salauds de pauvres » passés et futurs, toujours plus nombreux, pour faire perdurer vos méthodes désormais inadaptées, pire même : complètement dépassées au vu de cette crise sans précédent ?
 
Comptez-vous sur la sélection naturelle qui ferait que, seuls, les plus aisés s'en sortiraient, ceux qui ont droit aux soins et qui ne tombent pas malades pour avoir mené trop de combats dont nombre d'entre eux livrés afin expliquer à votre personnel que nous ne sommes ni des ennemis ni des imbéciles et encore moins des « pompes à fric »... - vous savez... ces découverts et crédits revolving qui vous rapportent tant- juste des hommes et des femmes qui font appel à la compréhension et à la solidarité en ces temps troublés.
 
Mais peut-être aussi votre cerveau et votre « logique » ne sont-ils pas mesure d'appréhender cette notion, vous êtes trop supérieurs aux autres...
Qui disait « les derniers seront les premiers » déjà ?
 
Ces salauds de pauvres, dont je fais partie, vous prient d'agréer, Messieurs les Présidents-potentats, l'expression de leurs profonds désarroi, dépit et consternation devant tant de manque de considération et de mépris sans espoir de voir vos comportements changer face à la crise.
 
 
 
 
XXX XXXXX
 
 
 
PS : Je sais que ce courrier risque de vous « froisser » quelque peu mais qu'allez-vous me faire que vous ne m'ayez déjà fait ?
Je suis atteinte d'un cancer dont même votre personnel se fiche éperdument...
Mon temps est compté, vous pourrez vous féliciter d'avoir tuer « un salaud de pauvre »... un de plus...
 
Espérant une réponse correspondant à mes observations -il est permis de rêver-, je donne mes coordonnées qui sont facilement identifiables dans les « banques» de données où mon passé bancaire dont il n'est pas certain que le secret sera préservé ni que les règles de la CNIL sont scrupuleusement respectées (voir CIC et Crédit Mutuel dont la proximité n'est plus à démontrer), d'aucuns, concernés, se reconnaîtront...
Je précise que cette lettre est publiée sur internet sous le nom de « Lettre aux banques ». Les réponses -éventuelles- des banques seront publiées de la même manière.
Si d'autres usagers sont tentés d'envoyer leurs « respects » à ces Messieurs, les adresses des sièges-sociaux sont en en-tête de ce courrier. 
Merci à Alicia pour son engagement et son soutien."